Interview de Jean Khoury

Cher Jean, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

J'ai 46 ans, laïc, fiancé, et, bien que Français, je vis à Londres depuis 2002. Il y a une grande communauté de Français à Londres. Nous sommes la septième ville Française en nombre de Français. Je me souviens bien du conseil de Jean Guitton qui disait qu'il était bon pour nous Français de passer une ou deux années outre-manche. Lui qui avait fait sa thèse de Doctorat sur John Henry Newman, et avait passé deux ans à Oxford, avait apprécié l'esprit anglais dans ce qu'il a de pragmatique et d'utilement « déroutant » pour nous. Il est vrai que je n'ai pas suivi ce conseil à la lettre puisque j'ai prolongé de cinq ans l'expérience. Cela dit, à cause de mes engagements, je voyage souvent en Italie. Si ma mère est Française, mon père est Egyptien. Ce qui fait que je porte aussi en moi la culture de cet autre grand pays qui a tant donné à l'Eglise.
Ayant été formé chez les Jésuites du Caire pendant 13 ans, jusqu'au bac, je suis ensuite parti en France pour l'Université. J'ai suivit deux Licences, une d'Electronique (Grenoble) et une autre de Chimie (Rouen). Au total cinq ans. Et entre temps, en troisième année de Fac, le Bon Dieu est entré avec force dans ma vie et ne m'a plus jamais lâché ! Ensuite je suis entré au Carmel, où j'ai vécu 15 ans. Je reste très reconnaissant à la Province Carmélitaine d'Avignon Aquitaine pour tout ce qu'elle m'a offert : une immense richesse, irremplaçable. J'en resterais marqué jusqu'à la fin de mes jours. Ensuite, pour des raisons personnelles, j'ai dû quitter la vie religieuse en 2000...


Interview d'Arnaud Dumouch

Cher Arnaud, pouvez-vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs ?

Arnaud Dumouch Je m'appelle Arnaud Dumouch, j'ai 43 ans, je suis français. Et j'habite en Belgique où j'ai émigré pour enseigner la théologie. C'est possible d'en vivre, grâce au concordat. Des cours de religions sont donnés partout en Belgique, dans tous les niveaux et même en universités, 2 heures par semaine. J'enseigne dans un lycée catholique. J'ai enseigné un peu dans le supérieur, mais je préfère m'adresser à des plus jeunes car je crois que cela porte plus de fruits finalement.
Je suis marié, père de deux enfants de 7 et 9 ans.


Vous vous présentez comme théologien, mais quelles études avez vous fait ?

J'ai fait des études mais un peu spéciales : j'ai été un peu partout. Tout simplement parce qu'à l'heure actuelle, si on veut des études de bon niveau, il faut voyager. On ne peut se contenter des universités catholiques françaises qui sont souvent dans un schéma particulier, un peu exégétique, très historique, très critique, mais qui ne font plus vraiment de la théologie. Alors j'ai commencé par faire de la philosophie auprès des frères de Saint Jean pendant trois ans, puis deux ans de théologie auprès d'eux. C'est le fondement de toute ma formation. Je le dois au père Marie-Dominique Philippe...

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